Moussa Mara, fin connaisseur de la sphère politique malienne, est un ancien Premier ministre. Président du parti Yéléma, créé en juillet 2010, il est candidat à l’élection présidentielle du 28 juillet 2013 et obtient 1,5 % des voix au premier tour.
Le 5 avril 2014, à 39 ans, il est nommé Premier ministre par le président Ibrahim Boubacar Keïta, devenant ainsi le plus jeune Premier ministre de l’histoire du Mali. Il est le fils de Joseph Mara, militaire et ancien ministre du président Moussa Traoré et homme politique malien.
Il a toujours défendu sans se plier les principes démocratiques pour un Mali plus prospère en dépit de l’environnement hostile.
Il dit non au projet de parti unique
La semaine dernière, le gouvernement de transition avait annoncé une consultation des « forces vives » du pays sur la relecture de la charte des partis politiques. Ces consultations doivent commencer ce 16 avril en région et s’achever le 29 avril pour la phase nationale. « Il se murmure, par des voix connues de tous, que le processus enclenché devrait avoir comme finalité de dissoudre ou, à tout le moins, de suspendre les activités des partis politiques. » C’est l’ancien ministre Oumar Ibrahima Touré qui lit la déclaration commune des 101 partis politiques maliens. Ce mardi 15 avril 2025, une centaine de partis politiques, parmi lesquels toutes les principales formations du pays, étaient représentés lors de la conférence de presse organisée par l’Initiative des partis politiques pour la charte afin de dénoncer cette dérive démocratique.
Moussa Mara n’était pas de la marge. Tambour battant, il dénonce les dérives, interpelle les autorités de transition et refuse de se plier à la peur ambiante. Il appelle donc à la formation d’un front commun des partis politiques pour défendre les acquis démocratiques. Pour lui, seule une coalition forte peut faire face à l’agenda de la transition qui ne finit pourtant plus.
Le Mali a instauré le multipartisme en 1991, après le renversement de la dictature militaire du général Moussa Traoré. Des figures historiques de ce combat, toujours actives aujourd’hui dans le paysage politique malien, mais aussi de plus jeunes générations attachées aux principes fondateurs de la République malienne, s’inquiètent d’une possible remise en cause de cet acquis démocratique.

