Les défis de la formation d’un nouveau cadre de dialogue politique

Le président de la République du Tchad, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, a tenu une communication le 5 mai 2025 avec les présidents et secrétaires généraux des partis politiques de toute gamme confondue. Le contexte de cette communication est bien précis : celui marqué par le retour définitif à l’ordre constitutionnel après une transition instaurée en 2021, qui s’est achevée avec son élection en mai 2024. Il convient à cet effet de relancer la mchine du dialogue politique à l’effet de maintenir l’équilibre démocratique.

Au cœur de cette communication du chef de l’État, garant de ce dialogue politique, lui aussi président d’un parti politique, la mise en place d’un nouveau cadre de concertation pour les partis politiques, suite à la dissolution, le 15 avril dernier, du Conseil National de Concertation Politique (CNCP), à qui il a été reproché « quelques insuffisances. » Ce dernier avait été créé pour accompagner la transition, mais a été critiqué pour son caractère exclusif.

Le chef de l’État a invité les partis politiques à réfléchir sur la forme que prendra ce nouvel instrument de dialogue qu’il souhaite par ailleurs large, inclusif, et consensuel. Un pari difficile eu égard aux expériences connues avec le CNDP depuis le temps du maréchal Deby, qui, lui aussi, a été contesté par l’opposition démocratique, qui avait estimé que ce cadre avait été l’otage du MPS, parti au pouvoir. On lui reprochait son ingérence dans l’organisation des différentes élections au profit des candidats de celui-ci.

La démarche du dialogue politique du président Mahamat Idriss Deby Itno, saluée par la classe politique, vise nécessairement à apaiser les tensions et à créer un environnement propice à une participation plus large des acteurs politiques dans le processus du développement socio-économique du Tchad.

Il convient de noter en revanche que plusieurs partis politiques, dont les membres du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP), ont choisi de boycotter cette communication. Ce qui remet dangereusement en question l’engagement du gouvernement à établir un dialogue véritablement inclusif et démocratique.

Reste à attendre les tractations qui meubleront le processus de la mise en place de ce cadre, qui ne se fera sûrement pas sans commérage. Entre les nébuleux antidémocratiques et les loups aux agendas brumeux, le chef de l’État devra veuiller afin que ce prochain cadre soit pour la première fois incontestable. Cela est possible.

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