Les députés nationaux ont accordé ce dimanche 15 juin 2025 l’autorisation de poursuites contre Constant Mutamba, ministre d’État en charge de la Justice. Cette décision fait suite au réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, visant le Garde des Sceaux pour détournement présumé de deniers publics.
L’affaire concerne spécifiquement un projet de construction de prison à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, où 19 millions de dollars américains se seraient évaporés sans réalisation concrète. Comment un dossier d’une telle envergure a-t-il pu échapper à tout contrôle ? Les investigations révèlent que Constant Mutamba n’aurait procédé à aucune vérification concernant la société Zion Construction, attributaire du marché. Les associés de cette entreprise fantôme font désormais l’objet d’avis de recherche internationaux.
Lors de la lecture du rapport parlementaire, il a été établi que « les explications fournies par le ministre n’ont apporté aucun élément de nature à infirmer les faits qui lui sont reprochés ». Pire, selon le procureur Mvonde, elles ont permis de « comprendre et d’asseoir davantage l’accusation ». Des auditions marathoniennes ont révélé l’absence totale de trace du projet à Kisangani :aucun chantier identifié, aucun personnel recensé, et des fonds décaissés sans contrepartie.
Ce 16 juin 2025, le Procureur de la République a annoncé la traque des détenus sortis de la prison par le ministre Constant Mutamba. «Des nouvelles alarmantes parviennent faisant état de la circulation en hommes et femmes libres de beaucoup de détenus (condamnés et détenus préventifs), sensés se trouver dans différentes prisons du pays, et plus particulièrement en provenance du centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, CPRK en sigle. La plupart de ces incriminés sont poursuivis pour des faits infractionnels graves de meurtre, de tortures corporelles, d’atteintes à la sécurité de l’Etat, de vols à mains armées (Kuluna)…», révèle le procureur.

