Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, a prêté solennellement serment ce 6 novembre 2025 pour rempiler sur son huitième mandat à la tête de ce pays depuis 43 ans. La cérémonie a été présidée par le président de l’Assemblée nationale, Cavayé Yéguié Djibril à la Maison de verre Paul Biya à Yaoundé, la capitale, en présence d’une foule composée majoritairement des militants de son parti le RDPC.
Paul Biya, 92 ans, a juré de respecter la constitution de son pays et de travailler à l’unité et à la protection de l’intégrité territoriale du Cameroun. Un serment accepté sous les ovations ininterrompues de la salle.
Dans son discours d’installation qui a duré plus de 20 minutes, le chef de l’État camerounais a rassuré les plus sceptiques de son engagement à respecter le choix du peuple et « je ne ménagerai aucun effort pour continuer à être digne de cette confiance », s’est-il engagé. Du haut de sa longévité au pouvoir, Paul Biya dit mesurer la gravité de la situation dans laquelle son pays est plongé ainsi que des défis auxquels tous les Camerounais sont confrontés, sans pourtant les énumérer explicitement. « Je resterai fidèle aux idéaux qui m’ont guidé depuis mon accession à la magistrature suprême », a -t-il déclaré.
Les attentes des Camerounais pour ce énième mandat sont énormes. L’opposition démocratique surfe ainsi sur ces défis pour tenter de renverser le pouvoir de Paul Biya. En réponse, il affirme qu’il « mesure la profondeur des frustrations ». Il tend cependant la main « à tous et à chacun », allusion faite aux opposants incarnés par Issa Tchiroma Bakary qui réclame sa victoire. Paul Biya a émis le vœu de faire du Cameroun un pays « uni et prospère » afin de jeter les bases d’un avenir prometteur pour le Cameroun. « Les joutes électorales sont désormais derrière nous. L’heure est au rassemblement », a affirmé Paul Biya.
La campagne présidentielle du 12 octobre dernier a été mouvementée par un appel à la rupture, notamment sur les réseaux sociaux. Paul Biya en appelle donc à rompre avec « ces discours de haine ». Paul Biya a reconnu les troubles survenus après le scrutin. Il accuse ses adversaires politiques d’avoir adopté des « attitudes irresponsables » et d’être les instigateurs de ces actes de « pillage et de vandalisme ». Il en appelle au sens de responsabilité des uns et des autres en attirant l’attention de « ceux qui attisent la violence et la haine » au Cameroun. « Le Cameroun n’a pas besoin d’une crise postélectorale dont les conséquences pourraient être dramatiques », a-t-il tranché. Il promet de maintenir l’ordre sur l’ensemble du territoire camerounais.
S’agissant de son programme politique pour le septennat à venir, le Président Paul Biya entend accorder une large part d’investissements publics sur la situation des jeunes et des femmes. Il s’engage ainsi à « promouvoir une meilleure responsabilisation » de ces deux couches motrices du Cameroun. Ces investissements seront axés essentiellement sur la formation professionnelle et universitaire. En plus de la reprise des formations doctorales, le chef de l’État camerounais a aussi ordonné la relance des concours d’entrée à l’École normale supérieure. « Les métiers et les activités qui attirent particulièrement les jeunes et les femmes bénéficieront d’un grand soutien, notamment au plan financier », a-t-il promis. Il envisage de mettre en place, dès les premiers mois de son septennat, un plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes en leur facilitant les procédures administratives et fiscales, en l’occurrence pour les entreprises privées « avec pour obligation pour celles-ci de recruter les jeunes », mais aussi les possibilités de financement.
Le Cameroun, au cours du dernier septennat de Paul Biya, fait face aux défis sécuritaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest mais aussi de l’Extrême-Nord. Des groupes terroristes y ont entretenu des foyers d’insécurité dont la riposte dépasse parfois les capacités logistiques et tactiques de l’armée camerounaise. Le président Paul Biya salue toutefois les forces de défense et de sécurité, appuyées par les pays voisins qui ont uni leurs efforts à l’effet de lutter contre ces ennemis de la paix. Il réitère sa main tendue à tous les membres des groupes armés et les exhorte à « déposer les armes ».

