Alors que la ministre d’État Kitoko Gata Ngoulou a lancé en grande pompe la Semaine nationale de la femme tchadienne (SENAFET) ce 31 janvier 2026, la réalité du terrain dément brutalement mais sauvagement les slogans d’inclusion et de dignité prêchés chaque année devant les pupitres.
Des fillettes sont torturées sur fond de l’impunité dont la croissance est extrêmement rapide que le ministère de la Femme souffre de maîtriser. Le fossé continue de se creuser entre les communiqués qu’il pond parfois tardivement et négligemment et la protection réelle des plus vulnérables. À quoi sert réellement le ministère de la Femme ?
Rentrons dans les faits. Si le thème de cette édition 2026 « Chaque femme compte : inclusion, dignité et participation pour un développement durable et un avenir radieux » se veut ambitieux, ce début d’année est marqué par une recrudescence de violences insoutenables. Le sang et les larmes coulent. Le 25 janvier dernier, à Pala (quartier Madagascar), une fillette de six ans a été gravement brûlée à la main par sa propre mère pour un prétendu vol de 5 000 FCFA. Plus abominable et affreux encore, dans le 1ᵉʳ arrondissement de N’Djaména, une fillette de 4 ans a été victime d’un viol perpétré par un militaire au quartier Djougoulier le 26 janvier 2026.
LIRE AUSSI : Assassinat d’une femme par un gendarme : Kitoko Gata Ngoulou sous le choc
Ces actes, commis par ceux-là mêmes qui devraient protéger – la famille et l’armée –, constituent des preuves parfaites de ce qu’il convient de nommer une « faillite morale profonde ». En face il n’y a que des discours officiels creux et sans effets. Si les simples communiqués pouvaient suffire pour mettre fin à ces atteintes odieuses aux droits des femmes et des filles, le Tchad en serait déjà cité en exemple depuis la belle époque de Amina Priscille Longoh.
La réaction du ministère de la Femme et de la Petite Enfance, souvent dérisoire, ne ressemble en rien à un « copier-coller » de contenus quasi identiques, qui se contentent de condamner sans jamais agir de manière dissuasive en amont.
Le ministère a encore un sursis pour revoir sa copie. Les femmes rurales sont restées les grandes oubliées. Elles sont livrées à toutes les formes de tortures (physiques, morales, mais aussi foncières et financières) et ne voient que très peu l’ombre de la « dignité » promise par le thème de cette année.

