La Commune de la ville de N’Djamena a lancé une application mobile dénommée « Hilitna ». Plus qu’un simple outil technologique, cette solution innovante et accessible constitue un véritable pacte de coresponsabilité entre l’exécutif municipal et les citoyens. Elle convoque l’implication pour résoudre des problèmes de la commune, quelles que soient leurs dimensions.
Le postulat est le suivant : il est devenu coutume, dans les grains ou sur les réseaux sociaux, de fustiger l’inaction des services municipaux au moindre nid-de-poule ou lampadaire éteint. C’est plus facile peut-être de la faire. Pourtant, une ville à l’allure aussi grandissante que N’Djaména ne saurait être surveillée seulement par la mairie seule. Aucune commune aujourd’hui plus propre et plus organisée ne l’a fait sans l’implication citoyenne.
Aujourd’hui, avec Hilitna, la mairie tend la main à ses administrés : au lieu de passer la journée à critiquer derrière un écran, le citoyen est invité à « se mettre dans la danse ». « Nous voudrions que les habitants de la ville de N’Djaména, dans le quartier où ils se trouvent, soient de vrais acteurs du changement de la ville. Avec cette application, la population a la possibilité d’alerter directement la mairie et à l’instant même, notre équipe va descendre sur le lieu et résoudre le problème car nous avons un système de géolocalisation qui nous permet de circonscrire rapidement la zone concernée sans même l’apport de celui qui a alerté la mairie », explique un responsable municipal.
« Avec Hilitna, chaque N’Djamenois devient l’œil de sa commune. » complète notre interlocuteur.L’application s’attaque aux fléaux qui empoisonnent le quotidien et la santé publique. Par exemple, malgré le va-t-en-guerre lancé par la mairie de N’Djaména contre les lieux de consommation de « chichas », certains établissements continuent d’opérer clandestinement dans l’ombre des quartiers. Grâce à Hilitna, un signalement anonyme et précis permet aux forces de l’ordre d’intervenir là où elles ne soupçonnaient pas l’installation de ces nids.
Il en va de même pour la prolifération des épaves. On les trouve souvent dans les zones éloignées, là où les patrouilles sont plus rares. Ces carcasses de voitures, nids à moustiques et cachettes potentielles pour l’insécurité, peuvent désormais être débusquées par un simple signalement citoyen pour un enlèvement immédiat.
Les commerces qui débordent sur le bitume et les constructions de fortune bloquant le passage, l’anarchie urbaine recule, seront désormais des mauvais souvenirs avec Hilitna. Et les exemples sont légion. Il suffit que les citoyens s’apprécient de cet outil disponible sur Play Store et bientôt sur App Store.
Le message de la mairie est donc clair : la propreté d’un caniveau ou la libération d’un trottoir dépend aussi de celui qui passe devant chaque matin. « La prochaine fois que vous verrez un tas d’ordures ou un branchement illégal, ne vous demandez plus ce que la mairie fait, mais demandez-vous si vous avez déjà ouvert votre application. »
Par Nathaniel MOUNONE

