Modernisation des marchés de N’Djaména : la vérité sur des réformes indispensables et concertées

Depuis quelques jours, un vent de contestation injustifié souffle sur les étals du Marché à Mil, une véritable centrale commerciale. Une catégorie de commerçants manifeste sa mauvaise humeur face à l’application de la nouvelle note d’information relative aux droits de place pour le budget 2026. Selon les informations reçues auprès des services de la mairie centrale, la commune de la ville de N’Djaména n’a agi ni en secret, ni par surprise, et encore moins de manière arbitraire.

Selon le budget de l’exercice 2026, il apparait clairement que la mairie n’a ni imposé ces mesures, ni agi de manière unilatérale. Bien au contraire, elle a déployé des efforts considérables de sensibilisation. Des discussions approfondies ont été menées avec les commerçants eux-mêmes ainsi qu’avec les délégués des commerçants de tous les marchés de référence. Tout a été mis sur la table : les chiffres, les raisons de la réforme et les contreparties directes pour les commerçants.

Mieux encore, faisant preuve d’une écoute managériale rare, la mairie a accepté de reporter l’application de ces mesures après le mois de Ramadan, au 1ᵉʳ juin 2026, à l’effet de ne pas asphyxier l’activité économique durant cette période sensible. Les règles du jeu étaient claires, validées et expliquées.

Pour comprendre le bien-fondé de cette réforme, il faut regarder la réalité économique en face. Au marché à Mil, par exemple, les commerçants bénéficiaient, par pure souplesse administrative, d’un tarif unique et préférentiel de 1 200 FCFA/m² hérité d’une réforme de 2017. Neuf ans plus tard, peut-on décemment exiger les mêmes services publics avec les tarifs d’il y a une décennie ? Non !

La gestion d’une capitale moderne exige des moyens. Entre 2017 et 2026, la commune a vu ses charges exploser : +35 % pour la collecte des ordures, +25 % pour l’assainissement et le curage des caniveaux afin d’éviter les inondations, et +20 % pour l’électricité et la sécurité des infrastructures. Les contraintes étaient palpables. Demander une participation réajustée de 2 500 à 5 000 FCFA/m², ce n’est pas de l’acharnement fiscal, mais plutôt un acte de gestion responsable pour éviter la faillite de nos infrastructures marchandes.

La mairie de la ville de N’Djaména ne demande pas plus pour thésauriser. Cette interpellation est une manipulation de l’opinion et des commerçants. L’argent collecté sert directement à répondre aux doléances légitimes des commerçants, notamment en termes d’assainissement et de salubrité des espaces de vente, de dégagement des emprises pour une meilleure circulation des clients et enfin de sécurité incendie pour protéger les investissements des commerçants contre les drames du passé. Aucune 5ᵉ roue n’a été inventée. Tout le processus était concertant.

Il y a une vérité connue de tous. Un marché propre, sécurisé et moderne est le meilleur moyen d’attirer plus de clients et de rendre l’activité des commerçants plus rentable. Donc, refuser de payer le juste prix, c’est condamner le marché à l’insalubrité et à l’insécurité.

La commune de la ville de N’Djaména ne peut que rester droite dans ses bottes, portée par la vision des 12 chantiers et 100 actions du Chef de l’État, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. La modernisation d’une ville comme N’Djaména ne se fera pas dans l’anarchie.

Les commerçants doivent faire preuve de civisme économique. Le dialogue reste ouvert, mais le développement de N’Djaména, lui, n’attend pas. La mairie fait sa part du travail ; aux partenaires économiques de la ville de faire la leur, pour le bien de tous. Se laisser manipuler par des esprits politiciens et rebelles ne fera pas avancer le pays. Les marchés doivent se moderniser après plus de 20 ans depuis leur construction et leur grille tarifaire.

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