L’Assemblée des 125 États membres de la CPI a relevé de ses fonctions vendredi 24 juillet le procureur général Karim Khan, lors d’un vote au siège de l’ONU à New York. Le Britannique de 56 ans est visé par des allégations d’agression sexuelle.
Lors d’un vote à bulletins secrets pendant une réunion exceptionnelle et à huis clos au siège de l’ONU à New York, 82 États membres ont voté pour mettre un terme au mandat du Britannique, ont-elles précisé, alors que 63 voix étaient nécessaires. Seuls 13 États ont voté pour le maintenir à son poste.
En mai 2025, le Britannique avait quitté temporairement ses fonctions en attendant le résultat d’une enquête lancée l’année précédente à la suite d’accusations d’une collaboratrice. Il avait ensuite été suspendu en juin par les 21 membres du Bureau de l’Assemblée. Karim Khan, âgé de 56 ans et en poste depuis 2021, a toujours rejeté toutes les accusations.
Les avocats de Khan, Tayab Ali et Sareta Ashraph, ont déclaré qu’on leur a refusé l’accréditation pour assister à la session et présenter une défense, et que le président de l’Assemblée des États parties « a fermé tous les canaux formels » par lesquels ils auraient pu s’adresser à l’organe tout en demandant aux États membres de ne pas les rencontrer.
Des dossiers sensibles toujours en cours
Parmi les affaires les plus suivies figure celle du Darfour, au Soudan, où la CPI poursuit ses investigations sur les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis depuis le début du conflit dans cette région. Les violences qui se poursuivent aujourd’hui au Soudan renforcent encore l’importance de ce dossier.
En République démocratique du Congo, plusieurs procédures restent actives concernant les crimes commis dans l’est du pays, où les groupes armés continuent de déstabiliser les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Au Mali, la Cour poursuit également plusieurs enquêtes liées aux exactions perpétrées par des groupes armés, tandis que la Libye demeure un autre dossier prioritaire en raison des violations présumées du droit international humanitaire.
Dans chacun de ces dossiers, la continuité institutionnelle sera essentielle afin d’éviter tout ralentissement susceptible d’affecter les attentes des victimes et les efforts de lutte contre l’impunité.
Par Nathaniel MOUNONE

