Niamey a abrité, les 05 et 06 août 2026, un symposium sous-régional axé sur la contribution des femmes au redressement économique, à la stabilité politique et à la prévention des conflits. À cette occasion, la députée tchadienne Chérifié Mahamat Ahmat Choukou a partagé les avancées et les bonnes pratiques de son pays en matière de participation féminine.
La participation des femmes tchadiennes dans la vie publique connaît des progrès significatifs, encadrée notamment par l’ordonnance N°12/PR/2018 qui fixe un quota d’au moins 30 % pour les fonctions électives et nominatives. La quatrième législature compte 64 femmes députées sur 188 sièges, soit environ 34 % de représentation et le Sénat enregistre 25 femmes sénateurs sur un total de 69, représentant près de 36,2 % des membres. Des chiffres qui dénotent une participation record des femmes dans la vie politique selon la députée Chérifié Mahamat Ahmat Choukou.
Médiation, paix et sécurité : l’engagement des organisations féminines
Dans sa présentation, Chérifié Mahamat Ahmat Choukou a aussi rappelé que depuis les années 1990, les organisations de la société civile féminine s’investissent durablement dans la prévention des conflits sociaux et politiques au Tchad. Des structures telles que la CELIAF, l’UFEP, l’AFDCPT, la FNS ou encore la Coalition des Femmes Tchadiennes Médiatrices pour la Paix Durable (CFTMPD) jouent un rôle moteur dans la cohésion sociale et la médiation.
Cet activisme s’inscrit dans la droite ligne de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Toutefois, la transition politique récente a mis en lumière la nécessité d’accroître la représentation des femmes dans les instances décisionnelles majeures, avec par exemple 17 % de participation féminine enregistrée lors du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS).
Dans les provinces du Kanem, du Barh el Gazel ou du Mandoul, les initiatives féminines transforment les communautés et renforcent l’autonomie économique des femmes. Des structures comme l’ONG la Voix de la Femme ou les programmes de formation initiés par les ailes féminines de partis politiques illustrent cette dynamique de terrain.
Des défis persistent
En dépit de ces progrès, les inégalités de genre demeurent profondément ancrées dans la société tchadienne, plaçant le pays face à d’importants défis structurels. Le REFAM (Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires), section Tchad, continue de porter le plaidoyer pour stimuler le leadership féminin, encourager l’égalité et consolider la reconstruction institutionnelle du pays

