À l’occasion de la Journée internationale de la traduction, célébrée chaque 30 septembre, l’Ordre des traducteurs et interprètes du Tchad a organisé une conférence-débat, ce samedi 3 octobre 2026, au Musée national. La rencontre était placée sous le thème : « Diversité des langues et droits linguistiques : le pouvoir de se faire comprendre ». Modérée par le Dr Abdelaziz Ishak Lamine, la conférence a été animée par deux panélistes, le Dr Atteib Mardo Abdeldjelil et le Dr Hassane Moussa Tchay.
A l’ouverture de la conférence, le directeur général des Services de la Promotion du Bilinguisme dans l’Administration au Secrétariat général du Gouvernement, Dr Hassassabadayim Adam Djaram, a rappelé que la « Journée Internationale de la Traduction revient chaque 30 septembre pour rendre hommage aux efforts considérables déployés par des esprits éclairés et des plumes avisées des acteurs qui œuvrent sans relâche à abattre le mur de l’isolement et à bâtir des ponts de communication entre les langues et les cultures de notre monde en général et de notre cher pays le Tchad en particulier ».
Pour lui, « la traduction n’a pas jamais été le transfert d’un simple mécanique des mots d’une langue à une autre, mais un acte humain noble et un acte civilisationnel profond que rapprochent les peuples, facilitent le dialogue et consolide les fondements de la paix, de la compréhension mutuelle et du développement durable dans notre monde actuel ».
Le directeur général a également souligné que la célébration de cette année a été marquée par l’inauguration du Laboratoire des langues et de la traduction. Une initiative qui, selon lui, témoigne de l’attention particulière que le gouvernement tchadien accorde à la promotion et à l’application du bilinguisme.Pour le conférencier, Dr Atteib Mardo Abdeldjelil a d’abord expliqué le choix du thème avant de mettre en lumière la diversité linguistique et l’importance de la compréhension entre les langues. Il a également insisté sur le rôle essentiel des interprètes dans la transmission des messages. « La traduction devient un pont entre les langues et un pont entre les personnes ».
Dans une société multilingue comme le Tchad, le Dr Atteib Mardo Abdeldjelil a souligné la nécessité de se faire comprendre. Pour lui, « ne signifie pas seulement que nos paroles soient traduites d’une langue à une autre. Être compris signifie également que notre identité, notre culture, notre manière de penser et notre vision du monde sont prises en considération ».
Quant au deuxième intervenant, Dr Hassane Moussa Tchay, il a structuré son intervention autour de quatre axes majeurs. Premièrement, la traduction et l’interprétation permettent de réduire les obstacles linguistiques et de favoriser la participation. Deuxièmement, le médiateur linguistique contribue à rendre les procédures intelligibles, sans se substituer au professionnel chargé de prendre les décisions.
Troisièmement, il a évoqué la place grandissante des outils numériques et de l’intelligence artificielle. Enfin, il a souligné que l’inclusion linguistique nécessite des politiques publiques durables, financées, évaluées et ouvertes aux communautés concernées.
Pour le Dr Hassane Moussa Tchay, la communication institutionnelle comporte plusieurs étapes, notamment la mise à disposition d’une information compréhensible et lisible. Il estime qu’il est essentiel de distinguer les différentes barrières à la communication, en particulier celles liées à la langue utilisée. C’est à ce niveau que le rôle du traducteur et de l’interprète devient capital.
Cette difficulté est notamment rencontrée par les administrateurs dans les provinces, confrontés à des obstacles linguistiques qui peuvent entraver la transmission des informations et la communication avec les populations.Le choix du thème a été salué par les participants venus de partout avec des diverses langues. À la fin de la conférence marquant la célébration de la Journée Internationale de traducteur et de l’interprète, quelques attestations ont été remises à quelques figures phares de la traduction dans les administrations publiques du Tchad.
Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

