Le parti Union pour le Développement et le Renouveau (UNDR) organise sa rentrée politique le 17 octobre 2026 à Ndjaména. Une rentrée qui pourrait ressembler à un titre d’un récit dans un manuel scolaire au Tchad : une rentrée sans élèves. Le parti ne tient qu’à un fil.
La grosse calebasse s’est vidée de sa substance depuis qu’elle s’est fondue dans la mouvance présidentielle. Des militants des gros calibres avaient quitté le navire pour plusieurs raisons : exclusion, frustration et conviction. Les routiers qui y sont restés ne le sont pas tous par respect des idéaux du parti, mais parce qu’ils conservent encore des strapontins qui leur permettent d’avoir un peu de la force pour hurler. C’est tant mieux, dès lors les ambitions présidentielles du parti se sont volatilisées depuis 2016 et donc la messe était dite avec la création inopportune du FONAC.
L’UNDR ne cherche désormais plus à conquérir le pouvoir mais à l’accompagner. À changer le pays, mais à se changer. Une métamorphose qui n’est pas sans conséquences. Les « mini militants » sont aujourd’hui relégués aux calendes grecques. Les fidèles qui embellissent encore leurs cérémonies, c’est-à-dire ceux qui ont résisté au vent de la défénestration massive, le font pour assurer leurs arrières et leurs besoins du moment. La calebasse s’est réellement dégraissée.
Dans le Mayo-Kebbi Ouest, pour ne citer que cette province, son fief, l’UNDR a perdu ses bras. La nouvelle génération grandit avec une autre vision de la politique : celle qui rassure sans diviser. Une révolution qui profite au RNDT-Le Réveil qui ne vieillit pratiquement pas, au PRET, à l’UDD et à la VNR, le dernier à arriver sur la scène mais fragilisé au sommet à cause du comportement narcissique de ses leaders.
Dans le Ouaddaï, l’UNDR paie cash la démission du professeur Awat Atteib, un grand rassembleur. Il est parti avec plusieurs militants derrière lui, à cause des comportements méprisants au top management du parti devenus insupportables et dégueulasses.
Un des cadres, qui occupe une grande direction dans l’administration tchadienne, nous confie : « L’avenir du parti m’inquiète. J’ai peur que si un jour nous perdons les différents postes que nous occupons aujourd’hui – gouvernement, grandes institutions, institutions sous-tutelle –, le parti se vide complètement. En vrai, la saveur est partie. Chacun se cherche, chacun guette un trou pour sortir. Sinon pour aujourd’hui, le parti reste encore un gagne-pain pour nous ».
Le débat qui restera toujours tabou, même pendant cette rentrée du 17 octobre, sera celui de l’alternance à la tête du parti. Le clan dirigeant ne semble pas être prêt à passer la main. C’est pourquoi, comme pour reprendre les termes de nos confrères de Tchad Média : « Saleh Kebzabo remet le volant à Célestin Topona mais garde la clé ».
La peur de perdre irrévocablement le parti est palpable. Mais l’UNDR doit éviter de disparaître avec ses fondateurs. En attendant, la rentrée aura lieu quand même, tant bien que mal.
Par Nathaniel MOUNONE

