Coopération militaire avec la France : le parti RUPTIR exige la transparence du gouvernement

Le parti RUPTIR se dit préoccupé par les informations faisant état du retour imminent d’avions de chasse français au Tchad. Il déplore l’opacité qui entoure cette éventualité et dénonce la souveraineté de l’accord de coopération militaire avec la France, dans un contexte marqué par une suspicion mutuelle et de graves accusations de déstabilisation entre le Tchad et le Nigéria.

Fidèle à sa ligne souverainiste et républicaine, le parti exige du gouvernement qu’il fasse toute la lumière sur les conditions de la reprise de cette coopération militaire, notamment sa forme, son objet, sa durée et sa base juridique. Il appelle également les autorités à informer le peuple tchadien sur le contenu de tout accord de coopération militaire, quelle qu’en soit l’origine. « Le Tchad n’est pas un terrain d’expérimentation opaque », estime le parti, qui réclame par ailleurs l’organisation d’un débat parlementaire afin de permettre à la représentation nationale d’examiner le contenu de cet éventuel accord.

Selon son président national, Mahamat Oumar Adoum, le Tchad a besoin de partenaires, mais pas de tuteurs ni de manœuvres en coulisses. Le pays a besoin d’une armée nationale forte et d’une diplomatie claire, exclusivement au service de l’intérêt national et de la stabilité régionale. Si l’accord qui se profile à l’horizon s’inscrit dans une logique d’intérêt mutuel et gagnant-gagnant, le parti Rupture suggère au président de la République plusieurs axes stratégiques.

Le parti estime qu’une communication officielle du gouvernement sur les motivations, le calendrier et le commandement des forces concernées s’impose. Selon lui, le silence dans ce contexte précis risque d’être interprété comme une trahison, alors que la transparence constitue la meilleure garantie de confiance. Il appelle ainsi à transformer cette présence militaire en un levier stratégique plutôt qu’en une source de dépendance.

Mahamat Oumar Adoum recommande également de dissocier le dossier français de celui du Nigéria. Il invite les autorités à éviter tout amalgame laissant croire que le Tchad pourrait devenir une base arrière française dirigée contre le Nigéria. Pour prévenir toute suspicion susceptible de se transformer en accusation officielle, il préconise l’envoi d’émissaires auprès des autorités nigérianes afin d’expliquer le bien-fondé de la reprise de cette coopération, tout en garantissant l’absence de toute ingérence dans les relations avec les pays voisins.

Par ailleurs, le parti RUPTIR préconise de renforcer la sécurisation des frontières par les propres forces de défense et de sécurité du Tchad. Il suggère notamment le renforcement du dispositif sécuritaire aux frontières ainsi que la mise en place d’une coopération et d’opérations conjointes entre le Tchad et le Nigéria dans les zones frontalières, afin de démontrer l’attachement des deux pays à la paix et au bon voisinage.

Enfin, le président du parti appelle le président de la République du Tchad à faire toute la lumière sur cette question. Il estime que le peuple tchadien, qui avait accepté la rupture avec la France au nom de la dignité nationale, peut également accepter une coopération intelligente, à condition de comprendre qu’elle sert sa sécurité, son bien-être, la préservation de la paix intérieure et le maintien de relations harmonieuses avec les pays voisins, et non les intérêts d’autres puissances.

Par ESSIBEYE Lévis

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