Le personnel du Conseil constitutionnel à l’école du savoir sur l’intelligence artificielle

Le président du Conseil constitutionnel, Me Jean-Bernard Padaré, a lancé, ce lundi 3 novembre 2026 à N’Djaména, un atelier de formation sur l’intelligence artificielle (IA) au profit des membres et des agents de l’institution.

Organisé avec l’appui du Projet d’Appui au Parlement et aux Processus électoraux (PAPPE), financé par l’Union européenne, cet atelier, placé sous le thème « L’IA au service de votre travail, sous votre contrôle », vise à renforcer les capacités des personnels administratifs, des archivistes, des documentalistes et du personnel informatique du Conseil constitutionnel.

Dans son intervention, la coordonnatrice du PAPPE, Madiguene Thiam, a souligné l’importance de cet outil dans la modernisation des pratiques administratives et judiciaires. « l’intelligence artificielle, qui transforme rapidement les pratiques des administrations et des juridictions, peut alléger ce travail. Bien utilisée, elle facilite la recherche juridique, l’analyse et la synthèse de documents, la préparation de notes et la veille institutionnelle, pour permettre de consacrer plus de temps à la réflexion, à l’analyse juridique et à la délibération ». Elle a toutefois appelé à la prudence et au discernement face aux enjeux liés à la fiabilité, à la confidentialité et aux biais que peuvent comporter les outils d’intelligence artificielle.

Elle a également rappelé que le PAPPE a pour objectif de consolider l’État de droit et la gouvernance démocratique au Tchad. « Un appui qui repose sur trois dimensions : matérielle avec le renforcement des infrastructures numériques et la mise en place d’un système d’archivage électronique ; institutionnelle avec la modernisation des méthodes de travail ; et opérationnelle avec le renforcement des compétences des femmes et des hommes qui font vivre l’institution ».

Prenant la parole, le président du Conseil constitutionnel, Me Jean-Bernard Padaré, a rappelé que l’intelligence artificielle suscite à la fois enthousiasme et inquiétude. Selon lui, il est essentiel de comprendre les possibilités offertes par cette technologie, mais aussi de définir les limites de son utilisation.

Il a notamment insisté sur les avantages de cet outil, tout en mettant en garde contre les risques liés à son utilisation sans contrôle. « L’IA peut aider à repérer une information, préparer une synthèse, classer des documents ou exploiter les archives pour mieux diffuser la jurisprudence. Mais elle ne remplacera jamais le juge (…) Aucune technologie ne peut assumer cette responsabilité à sa place » avertit Me Jean Bernard Padaré.

Le président du Conseil constitutionnel a également attiré l’attention sur les risques d’hallucinations de l’intelligence artificielle. « une réponse bien rédigée peut être inexacte, une décision citée peut ne pas exister ». Il a, par ailleurs, appelé à une vigilance accrue et à une exigence absolue en matière de confidentialité, soulignant que les documents couverts par le secret des délibérations ne doivent en aucun cas être introduits dans un outil d’intelligence artificielle sans garanties de sécurité clairement établies.

Il a ainsi rappelé la nécessité d’apprendre à utiliser cette technologie sans lui accorder une confiance aveugle. La maîtrise de cet outil implique également de savoir quelles informations peuvent lui être confiées et dans quelles circonstances il convient de s’abstenir de l’utiliser.

À l’issue de cet atelier, des propositions concrètes sont attendues afin de doter le Conseil constitutionnel d’un cadre réglementaire et pratique pour une utilisation responsable de l’intelligence artificielle.

Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas et NANG-SINA ANTCHA Moïse

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