Les accords signés portent-ils leurs fruits pour la jeunesse tchadienne ? Tout cela ne constitue que de la façade.
Dans un pays où le favoritisme et le népotisme ont atteint un niveau systémique, toute ambition de développement véritable reste illusoire. Lorsque les postes sont distribués selon les liens familiaux, tribaux ou de loyauté politique plutôt que selon la compétence, c’est l’ensemble de l’édifice institutionnel qui se fissure. Un système fondé sur le clientélisme n’a pas intérêt à se réformés. Il se nourrit précisément de l’opacité, de l’exclusion et de l’inégalité. La jeunesse tchadienne en paie le prix le plus lourd.
Cette jeunesse se retrouve face à un marché du travail verrouillé, ou l’accès aux opportunités dépend du carnet d’adresse que du mérite. Cette jeunesse hautement qualifiée se retrouve à enchaîner des petits boulots précaires (commerce de rue, transports, débrouille, fabrique des briques etc.) simplement pour ne pas dépendre entièrement de leurs proches et aussi pour assurer une survie de famille et apporter assistance aux parents. Leur potentiel et leur intelligence sont ainsi littéralement gaspillés pour le développement du pays.
Dans ces conditions, ni les millions promis par les Partenaires financiers, ni les réformes du code du travail ne pourront produire de résultats tangibles.
Par Falmata Allamine Mahamat, Juriste & Politologue

