À N’Djaména, les faux ongles et les faux cils connaissent un succès grandissant auprès des filles et des femmes. Ces accessoires de beauté sont devenus incontournables, notamment lors des mariages, des cérémonies et des grandes fêtes.
Rencontrée ce jeudi 6 août 2026 à Dembé, une cliente prénommée Aïssatou témoigne que le port des faux ongles et des faux cils renforce son sentiment de féminité. Selon elle, ces accessoires constituent un élément essentiel de son maquillage et de son élégance lors des grands événements. « Quand je porte des faux ongles et des faux cils, je me sens vraiment femme. Je ne peux plus m’en passer », confie-t-elle.
Pour Boris Bernis, esthéticien de contrainte, cette activité est avant tout un moyen de subsistance. Camerounais, célibataire et titulaire d’un baccalauréat série D, il explique avoir perdu son emploi au Cameroun en 2024. Contraint de quitter son pays, il s’est installé au Tchad où il a d’abord éprouvé des difficultés à trouver un travail.
C’est en observant le nombre croissant de femmes désireuses de prendre soin de leur apparence grâce aux faux cils, aux faux ongles et au vernis qu’il a décidé de se lancer dans le domaine de l’esthétique. Pour lui, cette activité représentait une véritable opportunité de gagner sa vie.
Boris Bernis, pseudonyme qu’il s’est donné, affirme recevoir en moyenne jusqu’à cinq clientes par jour pour la pose de faux ongles. Selon lui, sur dix clientes, environ sept se déclarent satisfaites du résultat. En revanche, la pose de faux cils est moins fréquente en semaine et connaît une forte demande surtout les week-ends.
Les tarifs des faux ongles varient généralement entre 500 et 5 000 FCFA, tandis que ceux des faux cils oscillent entre 1 000 et 5 000 FCFA, selon la qualité des produits utilisés. La durée de vie des faux ongles est estimée entre trois semaines et un mois, contre trois jours à deux semaines pour les faux cils.
Cependant, l’exercice de cette activité n’est pas sans difficultés. Boris Bernis déplore les préjugés auxquels il est confronté. Il explique que certaines personnes l’insultent ou le qualifient péjorativement de « pédé » en raison de son métier. Face à ces jugements, il lui arrive parfois de travailler discrètement afin d’éviter les moqueries.
Au-delà de ces réalités, ce phénomène prend de plus en plus d’ampleur dans la société. Les tendances de la beauté moderne séduisent un nombre croissant de filles et de femmes, pour lesquelles soigner leur apparence est devenu une préoccupation importante.
Toutefois, Boris Bernis met également en garde contre les risques liés à un usage excessif de ces accessoires esthétiques. Selon lui, une utilisation répétée des faux ongles peut fragiliser, voire endommager les ongles naturels. Il estime également qu’un recours permanent à ces artifices peut progressivement éloigner certaines utilisatrices de leur apparence naturelle.
Par ILLETEGUI SAMGUE Thomas

