À quelques heures du démarrage des travaux de la Fête nationale de la Jeunesse à Pala, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest, le torchon brûle entre les membres du comité provincial.
Selon nos informations, un cercle restreint réuni autour du président du comité d’organisation au niveau provincial s’est accaparé de tout. Neuf commissions sur 13 ont été dissoutes sans raisons valables. De la logistique aux différents groupes folkloriques, tout a été balayé, froissé et mis dans la corbeille.
« À l’heure où nous parlons, même le délégué de la Jeunesse et des Sports de la province du Mayo-Kebbi Ouest est en train de siroter tranquillement sa bilibili au quartier. Il ne contrôle absolument rien » nous apprend notre interlocuteur, très sceptique. « Tout vient d’ailleurs et tout est géré par une seule personne ici dans la province », poursuit-il.
D’autres sources concordantes vont plus loin. Les 50 millions décaissés pour l’organisation sont gérés comme l’argent de la ration alimentaire d’une famille. Le délégué provincial des Finances du Mayo-Kebbi Ouest, initialement placé à la tête de la commission des finances, ne sent même pas l’odeur de l’argent. Il aurait été évincé par son collègue du Salamat, copté illico presto pour les besoins de la cause. « Les choses sont gérées en famille. La province est sous-représentée. L’échec est prévisible », rapporte un autre interlocuteur joint par la rédaction.
À l’heure où nous mettons en ligne cette information, les frustrations gagnent toute la ville de Pala sous une poussière machiavélique. Plusieurs personnes impliquées dans l’organisation de la fête avant le décaissement de l’argent jouent en ce moment au ludo dans les coins de la rue.
Au QG du Conseil national de la Jeunesse Tchadienne (CNJT), logé dans le bâtiment de l’ADETIC dont le chantier touche à sa fin, c’est un climat de quasi-bagarre. Le chien ne changeant pas sa façon de s’asseoir, les jeunes sont prêts à en venir aux mains, la bagarre et le CNJT partageant une longue « histoire d’amour ». Pour ironiser, certains « généraux » du CNJT parlent même d’une tentative de coup d’État.
La ville est quasiment bouillante en ce moment. Visiblement, les images partagées en boucle sur les réseaux sociaux ne sont que de piètres épouvantails.
À suivre…
Par Nathaniel MOUNONE

