Dans nos précédentes publications, nous dénoncions la suspension unilatérale de la convention locale qui encadre le bétail dans le parc national de Zah-Soo par le délégué général du gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi Ouest, Abdelmanane Katab. Nous avions précisé qu’aucune partie n’a été officiellement notifiée par le DGG. Son arrêté de suspension a été, au contraire, distribué aux éleveurs un grand insu des autorités locales concernées.
Dans une publication sur la page Facebook de la délégation du gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi Ouest, faite sous-pression, Abdelmanane Katab fait une mise au point sans apporter des éléments à nos enquêtes documentées. Il n’a pas remis en cause ses décision mais n’a fait que confirmer ce que notre rédaction avait révélé. C’est tant mieux car il a confirmé la rigueur de notre démarche journalistique. Si sobre a été le récit de Abdelmanane Katab, stupéfiants ont été certains de ces arguments par rapport à la convention qu’il fait faire polémique.
Il est donc indispensable de rappeler pour la gouverne de ceux qui trainent le sac du DGG ou grâce à qui ils payent leur loyer que la convention locale suspendue n’avait pas pour vocation de faire renflouer de l’argent dans la caisse de l’Etat ni dans les poches des individus. Il s’agit d’un outil de dissuasion des éleveurs afin de mieux protéger ces aires. Il y a le prisme de l’environnement sur les intérêts mesquins et la nécessité de préserver la paix sociale, que l’objectif inavoué de sauvegarder les intérêts des éleveurs. Toute tentative de vouloir revoir en baisse les tarifs fixés sur chaque bétail en divagation saisi dénoterait sans doute la volonté manifeste de protéger les éleveurs. Le comble, c’est que les bétails étrangers prennent en otage ces aires protégées.
La réalité des finances face aux allégations du DGG
S’agissant des arguments convoqués par le DGG selon lesquels les recettes émanant de cette ligne ne sont jamais perçues lors des réunions sur les régies financières, les documents dont nous détenons copie le désapprouvent formellement. Les quittances que nous avons obtenues auprès du cabinet de son propre cabinet montrent bel et bien l’effectivité des versements liés au nombre de bétails conduits dans les fourrières administratives respectives. Ces sommes varient entre 150 000 à 350 000 FCFA selon les sous-préfectures.
Un responsable du circuit des finances de la province nous confie qu’à chaque fois qu’il y’a les rapports financiers de la délégation, la ligne relative aux parcs et donc à cette convention est clairement identifiée. « Parce que nous prenons le temps de vérifier les sources de chaque argent qui entre pour nous rassurer que les gens n’aient pas imposé des amendes monstrueuses à nos populations », ajoute-t-il. Pour lui, il faut revoir en hausse le taux fixé par bétail pour dissuader complètement les éleveurs car, « si les bétails ne franchissent plus les parcs, cette convention locale n’aura pas sa raison d’être et c’est que nous souhaitons », ajoute un gestionnaire de parc. For him, « les éleveurs acceptent de paître les troupeaux dans les aires protégées et payer la somme exigée. A défaut de clôturer entièrement le parc, il faut fixer le taux très haut.
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Il est donc de bon aloi de rappeler au DGG que l’argent que doit générer le parc doit relever d’abord de son développement et de sa transformation en un véritable hub touristique.
Faute d’arguments solides et confondus par leurs propres archives, les fossoyeurs de la convention locale devront bien un jour rendre des comptes. Car si les parcs nationaux du Tchad peuvent survivre aux divagations du bétail, ils ne résisteront pas longtemps à l’arbitraire de ceux qui ont pour mission de les protéger. Protéger ces parcs, c’est refuser de céder aux compromissions. Le temps des arrangements en coulisses est révolu. La vérité des faits est bien ancrée dans les quittances.
Affaire à suivre …
Par Nathaniel MOUNONE

