Le ministère de la Santé publique détaille la riposte contre la dengue

Alors que le débat enfle sur l’ampleur de la crise sanitaire à N’Djamena, les données officielles du ministère de la Santé Publique et de la Prévention, elles, apportent un éclairage technique et chiffré sur l’épidémie de dengue qui touche le pays. Selon le rapport de situation (SITREP N°004) arrêté au 30 octobre 2026, le cumul national s’élève à 5 521 cas suspects, 353 cas confirmés et 14 décès, soit un taux de létalité global de 0,25 %.

L’épidémie, officiellement déclarée le 3 octobre 2026 par l’arrêté ministériel N°150, montre des disparités géographiques importantes. La ville de N’Djamena et la province du Wadi Fira concentrent à elles seules 88 % des cas suspects recensés dans le pays.

Dans la ville de N’Djaména, qui a connu son pic épidémique en semaine 41 avec 1 201 cas avant d’amorcer une baisse, les structures sanitaires font face à une forte pression. Au total, le pays compte 11 provinces notifiantes. La dengue s’est étendue à de nouvelles zones telles que le Kanem, le Lac, le Barh El Gazel, le Guéra et la Tandjilé.

D’après les données épidémiologiques, la maladie touche majoritairement une population jeune, avec un âge médian de 30 ans (principalement la tranche des 15-44 ans) et une sex-ratio hommes/femmes de 1,2.

Le rapport rappelle que la dengue est transmise par le moustique Aedes (qui pique principalement le jour) et se développe dans les gîtes d’eau stagnante. Les analyses de laboratoire soulignent un point crucial : 24 % des personnes testées présentent des IgG positifs, indiquant qu’une partie de la population a déjà contracté la maladie par le passé. Cette situation élève le risque de formes sévères en cas de réinfection par un autre sérotype viral.

Le piège de l’automédication et les décès communautaires

Les autorités sanitaires déplorent les décès survenus à domicile par manque de recours précoce aux structures de soins. Le document met en garde contre l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène, diclofénac) ou d’antipaludéens pris sans tests préalables, qui aggravent les risques d’hémorragies.

Les autorités sanitaires invitent également la population à éviter le recours tardif et des injections non prescrites.

Le Système de Gestion de l’Incident (SGI) coordonne une riposte multisectorielle impliquant les communes, les ministères de l’Éducation, de l’Environnement et de l’Hydraulique ainsi que les partenaires techniques (OMS, UNICEF, HCR). Les actions se concentrent sur la disponibilité continue des tests de diagnostic rapide (TDR), le traitement gratuit des cas, la démoustication des établissements scolaires et des campagnes de sensibilisation intensives menées par les leaders communautaires, religieux et les médias.

Par Nathaniel MOUNONE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!