Le Collectif pour la défense des militaires, un puissant soutien de la junte malienne, a lancé un ultimatum dimanche 17 novembre, exigeant la démission du Premier ministre civil Choguel Kokalla Maïga sous 72 heures. Cette pression survient après que Maïga a osé critiquer publiquement les généraux au pouvoir, une manœuvre audacieuse qui pourrait lui coûter cher.
Une transition fragile : Les critiques de Maïga
Choguel Maïga, âgé de 66 ans et nommé Premier ministre par les militaires en 2021 à la suite d’un coup d’État, s’est récemment aventuré à exprimer des critiques rares vis-à-vis de la junte. Lors d’un rassemblement du Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), il a abordé le sujet hautementsensible qua la gestion de la transition qui tire à sa fin, cherchant intentionnellement à se positionner pour les prochaines élections.
Menaces de poursuites : vers une répression ?
En critiquant le régime qu’il a contribué à établir, Maïga espère capitaliser sur un soutien populaire croissant. Cependant, ce pari est périlleux. Le taux de popularité du chef militaire Assimi Goita reste élevé, et les ambitions politiques de Maïga pourraient se heurter à une forte résistance.
Les militaires opposés à Choguel Maïga menacent désormais d’intenter des poursuites pour « haute trahison ». Selon l’avocat malien Oumar Berte sur France 24, cette accusation pourrait entraîner son assignation à résidence surveillée, voire son incarcération. Cette tactique répressive est typique des régimes en transition et pourrait anéantir ses ambitions électorales.
La situation au Mali est tendue et incertaine. Choguel Maïga se retrouve piégé entre ses aspirations politiques et le pouvoir militaire qui le soutient. Avec la formation d’un nouveau gouvernement qui interviendrait sous peu, il va sans dire que les jours à venir seront politiquement décisifs pour l’avenir politique du pays.

