Après la décision du gouvernement du président des États-Unis Donald Trump suspendant des visas pour les ressortissants tchadiens pour des raisons sécuritaires, le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger a, dans un communiqué publié ce mercredi 11 juin 2025, apporté des précisions sur sa rétorque à Washington tout en préconisant un dialogue constructif entre les deux parties.
Selon le communiqué, les échanges bilatéraux entre N’Djaména et Washington ont abouti à la mise en place d’un groupe de discussion afin de trouver des moyens d’atténuer la « situation ». Les deux parties conviennent donc d’informer les ressortissants tchadiens et américains sur quelques modalités, à savoir : le maintien des visas ou autres titres de séjour tchadiens et américains délivrés avant le 09 juin 2025, la délivrance des visas tchadiens et américains aux fonctionnaires détenteurs de passeport officiel se rendant en mission dans l’un ou l’autre pays et la possibilité pour les binationaux (tchado-américains) d’entrer sur le territoire tchadien sur présentation de leur passeport tchadien valide ou d’un laissez-passer délivré par l’une des représentations diplomatiques ou postes consulaires.
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En valeur absolue, le total des personnes concernées s’élève à 454, tous types de visas confondus, selon les données de l’année 2022-2023.
Cependant, le ministère des Affaires étrangères appelle toutes les compatriotes à se conformer strictement à la législation américaine en matière de séjour en attendant de poursuivre le dialogue pour juguler au plus vite cette situation préjudiciable aux intérêts des deux pays.
Cette précision ne signifie en rien le recul du Tchad face à sa réplique, mais la précise. « réaffirme l’application de la réciprocité entre les deux pays », écrit Abdel-Nasser Garboa, porte-parole du MPS, parti au pouvoir. Sur la toile, la réplique du gouvernement tchadien a été qualifiée de hâtive et moins concertante. Mahouli Heurang, enseignant-chercheur à l’université de N’Djaména, estime pour sa part que le président de la République du Tchad aurait dû tout simplement activer nos services diplomatiques plutôt que de choisir la voie du coup de poing contre coup de poing.

