Le souverain pontife a entamé une série de voyages en Afrique. Après l’Algérie, le pape Léon XIV est arrivé ce 15 avril au Cameroun, deuxième étape de sa visite. Tôt après son arrivée, il a rencontré le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, dont 43 au pouvoir.
Dans son message, Paul Biya a rappelé les différentes crises et les conflits que traverse le monde. « La misère se répand », a-t-il déclaré. Face à ces crises, le président Paul Biya a appelé à la propagation des messages de paix dont le pape Léon XIV est porteur : « Le monde a besoin de paix, de justice et de tolérance, de pardon et d’amour », a plaidé Paul Biya.
Le Souverain Pontife a, quant à lui, insisté sur la nécessité de guérir les blessures du passé. Il a exhorté toutes les parties prenantes aux tensions régionales au Cameroun à privilégier le dialogue inclusif plutôt que la confrontation. « La paix n’est pas simplement l’absence de conflit, mais l’engagement actif à reconnaître l’autre comme un frère », a-t-il souligné.
Dans la classe d’opposition politique, les attentes de cette visite sont nombreuses dans un Cameroun ruiné par la crise postélectorale et les revendications des séparatistes anglophones Le principal opposant, Issa Tchiroma Bakari, en exil en Gambie, a, dans une lettre qu’il a adressée au souverain pontife, appelé l’Église à se préoccuper du « calvaire » des indépendantistes anglophones, de la « misère et des souffrances » du peuple camerounais en général.
Par ailleurs, déclaré deuxième à l’élection de 2025 avec 35,19 %, le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) a exhorté le pape Léon à condamner « la répression brutale, les arrestations arbitraires et les morts consécutifs à la crise post-électorale ».
« En écho à sa volonté de « ne pas rester les bras croisés face aux graves inégalités, aux injustices et aux violations fondamentales des droits de l’homme », je lui ai exprimé le vœu que sa parole de haute importance contribue à la mobilisation pour la libération des prisonniers politiques, une solution durable à la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ainsi que le rétablissement de la volonté du peuple, gages d’une véritable réconciliation nationale. » avait-il écrit.
Après Yaoundé, le pape Léon XIV se rend jeudi 16 avril à Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest. Une étape symbolique dans ce territoire, l’un des deux – avec le Sud-Ouest – touchés depuis 2017 par la « crise anglophone », qui oppose forces gouvernementales et groupes armés séparatistes, avec au milieu, comme premières victimes, les civils. Une visite que le souverain pontife a placée sous le signe de la paix, de la réconciliation et de la justice.
Chef spirituel mais également chef d’État, Léon XIV doit participer à une rencontre interreligieuse pour la paix à la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda, avant de présider une messe en plein air à l’aéroport de la ville, un lieu très symbolique puisque l’aéroport a été l’épicentre du conflit.
Par Nathaniel MOUONE

