Burundi : Le CNDD-FDD investit Évariste Ndayishimiye pour un second mandat en 2027

Le chef de l’État du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a été désigné sans surprise, dimanche 26 avril, candidat par le parti au pouvoir pour la présidentielle de 2027, pour laquelle il fait d’ores et déjà figure de grandissime favori.

Évariste Ndayishimiye, 57 ans, avait pris les rênes du Burundi en juin 2020 après le décès de son prédécesseur, Pierre Nkurunziza, dont il fut un homme clé du régime. Le nouveau président a montré dans les premiers temps des signes d’ouverture, marquée notamment par la libération de journalistes, avant d’être accusé de réprimer les voix dissidentes.

À la suite d’un congrès extraordinaire du parti organisé à Gitega, la capitale du Burundi, le chef de l’État « a été élu comme candidat du parti » CNDD-FDD dimanche pour la présidentielle de 2027, dont la date exacte n’est pas encore connue.

Dans son discours, le chef de l’État a présenté les grandes lignes de son programme, mettant en avant le renforcement de la sécurité, l’instauration d’une justice équitable et la lutte contre la pauvreté à travers l’amélioration des conditions de vie de la population. Il a également insisté sur la nécessité de réduire la dépendance à l’aide extérieure et de privilégier la valorisation des productions locales.

Évariste Ndayishimiye a par ailleurs promis de dynamiser plusieurs secteurs clés, notamment l’agriculture, l’élevage, l’exploitation minière, l’éducation et la gouvernance. Il a aussi appelé les cadres du parti ayant des ambitions présidentielles à patienter jusqu’en 2034.

Ce congrès s’inscrit dans un contexte de consolidation du pouvoir à l’approche des élections de 2027, dans un paysage politique largement dominé par le CNDD-FDD, au pouvoir depuis 2005 à la suite de l’accord d’Arusha de 2000 et du troisième mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza. Depuis la crise de 2015, qui avait profondément divisé la classe politique et provoqué l’exil de plusieurs figures de l’opposition, le champ politique reste marqué par un déséquilibre persistant.

Parmi les principales figures de l’opposition, Agathon Rwasa, longtemps considéré comme le principal challenger du pouvoir, a vu sa marge d’action politique se réduire progressivement au fil des dernières années, dans un contexte de recomposition et de fragilisation des forces opposées au CNDD-FDD.

Par Nathaniel MOUNONE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!