Face à la montée des eaux en cette période de crue, la circulation est fortement perturbée dans la zone. Le pont situé entre Mar4 et Mar2 est devenu inaccessible, isolant ainsi une partie de la population de Moundou et du marché hebdomadaire de Lolo.
La voie reliant Mar4 à Mar2 est pourtant vitale pour les populations du canton Bah. Elle leur permet de se rendre à Moundou, mais également d’accéder chaque mardi au marché hebdomadaire de Lolo pour s’approvisionner en denrées alimentaires. Mais depuis la montée des eaux, cette voie est complètement coupée par les eaux de pluie.
Cette situation affecte également les activités agricoles. Depuis le début des inondations, plusieurs cultivateurs de la zone ont dû abandonner leurs travaux champêtres. Certains champs sont submergés et les cultures pourrissent sur place. La saison agricole apparaît ainsi fortement compromise pour des centaines de familles qui dépendent essentiellement de l’agriculture pour leur subsistance.
Face à cette situation, les populations, ne sachant plus à quel saint se vouer, sont contraintes d’emprunter des pirogues de fortune, au péril de leur vie. Des femmes, avec leurs enfants au dos et des bassines sur la tête, peinent à traverser les eaux boueuses. Des motos sont également entassées dans de petites pirogues, conduites parfois par un seul homme, faisant craindre des accidents.
La traversée en pirogue est devenue, par ailleurs, une source de revenus pour certains. Le propriétaire d’une pirogue fixe le tarif à 500 FCFA par personne, 1 000 FCFA pour une personne avec des bagages et 1 500 FCFA pour le transport d’une moto. Des sommes jugées élevées pour des populations rurales déjà durement touchées par les inondations. Ceux qui ne disposent pas de moyens financiers suffisants restent tout simplement bloqués sur place.
Face à cette situation préoccupante, les populations du canton Bah lancent un appel au Gouvernement tchadien, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux autorités provinciales du Logone Occidental afin qu’une aide urgente soit apportée aux victimes des inondations.
Elles demandent notamment la réhabilitation urgente du pont entre Mar4 et Mar2, ainsi que la construction d’un ouvrage durable, capable de résister aux crues et de garantir la circulation des personnes et des biens, même en période de fortes inondations.

