L’homme d’affaires Aboud Hachim Bouder, PDG du groupe HBC, connu pour ses chantiers de travaux publics, est passé du statut de plaignant à celui d’accusé. Il avait saisi la justice pour dénoncer une escroquerie portant sur 11 milliards de FCFA, soit environ 16,77 millions d’euros. Mais au fil de la procédure, l’affaire a été requalifiée en corruption active.
Le paradoxe est frappant : celui qui se présentait comme victime s’est finalement retrouvé condamné. Le 6 octobre, la justice tchadienne a ramené sa peine à quatre ans, assortis d’une amende d’un million de FCFA (environ 1 500 euros). Sa défense continue de contester cette décision, qu’elle juge incohérente, rappelant que son client était à l’origine de la plainte.
L’un de ses avocats conteste la qualification des faits. « Jusqu’à ce jour, le ministère public n’a jamais démontré l’existence d’un dossier probants permettant de caractériser les faits de corruption active reprochés à mon client », affirme-t-il, selon les propos rapportés par la défense.
Au-delà du verdict, cette affaire soulève une interrogation centrale : comment un plaignant peut-il se retrouver accusé dans une procédure qu’il a lui-même engagée ? Cette question alimente les débats autour du dossier et suscite des interrogations sur le déroulement de la procédure judiciaire. La défense, de son côté, continue de contester la décision rendue.

