Dans une circulaire rendue publique ce mardi 21 avril 2026, le ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, Dr Mahamat Ahmad Alhabo, instruit qu’à la prochaine rentrée scolaire,
L’enseignement de la langue arabe devra être dispensé dans tous les établissements, avec le même volume horaire et le même coefficient que la langue française.
Cette décision ministérielle est globalement saluée. Si elle est effectivement mise en œuvre, elle pourrait contribuer au développement réel du bilinguisme dans le système socio-éducatif tchadien. Mais la logique estime qu’elle devra impérativement se traduire sur le terrain et non sur le papier.
À la suite de cette annonce, plusieurs Tchadiens s’interrogent sur les mesures d’accompagnement prévues, ainsi que sur les mécanismes concrets pouvant garantir la réussite de cette réforme. La principale difficulté concerne une grande partie du sud du pays, où l’on constate une faible présence, voire une absence totale de l’enseignement de la langue arabe dans certaines localités.
Il convient de rappeler que de nombreux lycées et collèges ne disposent pas d’enseignants arabophones. Même si les affectations sont décidées par l’État, ces enseignants rejoignent rarement leurs postes. Dans certains établissements, aucun enseignant d’arabe n’est officiellement enregistré.
Dès lors, la question se pose : comment dispenser l’arabe avec le même volume horaire et le même coefficient que le français, en l’absence d’enseignants ? Si le principe d’égalité et d’équité linguistique est légitime, il ne faut pas avoir peur d’affirmer que cette décision ne reflète pas encore les réalités du terrain, notamment dans les zones méridionales du pays.
La Rédaction

