L’arrestation du panafricaniste Kemi Seba sème la polémique

Le panafricaniste Kemi Seba a été arrêté le lundi 13 avril dernier à Pretoria, en Afrique du Sud, où il fait l’objet d’une procédure d’extradition, selon un communiqué de la police sud-africaine consulté par l’AFP. Il est visé par un mandat d’arrêt émis par le Bénin, qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État du 7 décembre dernier.

Opposant virulent au président béninois sortant, Patrice Talon, il s’était un temps projeté comme candidat à l’élection présidentielle. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme , le poursuit pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion », des chefs d’accusation passibles de lourdes peines.

L’annonce de cette arrestation, la Côte d’Ivoire a réagi à travers un communiqué saluant l’action des autorités sud-africaines. Le gouvernement ivoirien a exprimé son soulagement face à l’interpellation de celui qu’il considère comme un opposant majeur, tout en réaffirmant sa confiance envers les autorités de Afrique du Sud. Il a également appelé au respect des procédures judiciaires en vue de son extradition vers le Bénin, où il devra répondre des faits qui lui sont reprochés.

Par ailleurs, Abidjan exhorte Pretoria à traiter ce dossier dans un esprit de responsabilité, de respect mutuel et de préservation de la stabilité régionale, tout en réaffirmant son attachement aux institutions républicaines et au renforcement de la coopération entre États africains.

De son côté, l’organisation MARS-AFRIQUE a publié une lettre adressée au président sud-africain pour exiger la libération immédiate et sans condition de Kemi Seba. Elle estime que cette libération devrait intervenir dans les plus brefs délais, dans l’intérêt de l’Afrique et des Africains.
Dans cette correspondance, MARS-AFRIQUE affirme que Kémi Séba « n’est pas un terroriste », mais « un héritier » des grandes figures du panafricanisme telles que Nelson Mandela, Kwame Nkrumah et Thomas Sankara, en raison de ses prises de position contre le franc CFA et pour l’unité africaine. Le mouvement considère par ailleurs que son arrestation constitue une atteinte symbolique à l’héritage de ces leaders historiques.

Enfin, MARS-AFRIQUE interpelle le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, l’appelant à rompre avec la gouvernance de Patrice Talon et à se positionner du côté du peuple et d’une Afrique libre et prospère.

Par ESSIBEYE Lévis

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