Les magistrats maintiennent leurs poursuites contre le ministre Ali Ahmat Aghabache


Après les propos tenus par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache, les bureaux exécutifs du Syndicat des magistrats du Tchad (SMT) et du Syndicat autonome des magistrats du Tchad (SYAMAT) se sont réunis en Assemblée générale extraordinaire ce mardi 26 mai 2026 afin d’examiner la lettre d’excuses adressée après la plainte déposée contre lui.

‎À l’issue des échanges, les deux bureaux ont fermement condamné les propos du ministre et maintenu les poursuites judiciaires engagées contre lui pour des déclarations jugées « outrageantes ». Ils lui accordent toutefois un délai de dix jours afin de permettre au gouvernement de prendre ses responsabilités dans cette affaire.

‎Selon Nguemangue Ponga Raphaël, ces propos n’offensent pas uniquement les magistrats, mais portent également atteinte à l’institution judiciaire, reconnue comme un pouvoir par la Constitution. Il a rappelé que les décisions et ordonnances rendues par les juges le sont au nom du peuple tchadien.

‎Dans leur plainte, les syndicats évoquent notamment des faits d’outrage à magistrat, de discrédit jeté sur des décisions de justice et d’empiètement sur le fonctionnement normal de la justice. Cette affaire fait suite aux déclarations du ministre prononcées le 21 mai dernier, au cours desquelles il appelait publiquement ses services à déchirer des décisions de justice et à les jeter au visage de leurs bénéficiaires.

Par ESSIBEYE Lévis

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