Pourquoi la mairie de la ville de N’Djaména ne pourra pas gagner seule le combat contre les inondations

Ce dimanche 17 mai 2026, la capitale tchadienne a essuyé sa première grande pluie de l’année. Un baptême du feu qui a immédiatement réveillé les vieux démons : artères submergées, circulation paralysée et retour de l’inquiétude chez les administrés d’un côté.

De l’autre, la mairie centrale de la ville et les 10 arrondissements de la ville ont entamé les travaux de curage de caniveau depuis plus d’un mois afin de lutter efficacement contre les spectres des inondations et d’éviter les actions d’un médecin après la mort. Un geste à saluer.

Cependant, une réalité est là. La ville de N’Djaména est une cuvette. Les risques d’inondations sont pendants. La mairie seule ne pourra pas faire face à ces phénomènes. Il faut des actions coordonnées entre l’administration municipale, le gouvernement et la population. Mais surtout le gouvernement. Car les moyens dont dispose la mairie sont dérisoires en dépit des soutiens dont elle bénéficie des différents partenaires.

La construction des infrastructures adéquates pour sauver la ville de ces cycles d’inondations dépasse la capacité financière de la mairie seule. Ses épaules ne sont pas assez larges comme ce que les gens l’imaginent.

Le Bénin avait bien expérimenté cette stratégie en 2016 et cela a été un grand succès. En effet, en septembre 2015, après une pluie d’une heure, Cotonou était devenu méconnaissable. Les rues étaient complètement noyées et les habitants étaient pitoyablement dans le désarroi. La situation topographique de Cotonou était telle qu’une petite pluie suffisait pour transformer la ville en une véritable cité sous les eaux.

En 2026, après l’élection du Président Patrice Talon, son gouvernement décide de changer cette situation en synergie avec la mairie de Cotonou. Ils ont décidé de rompre avec les petites réparations sans impact réel Le gouvernement avait donc initié le PAPC (Programme d’assainissement pluvial de Cotonou). Un projet costaud ayant coûté 250 milliards de FCFA à la caisse de l’État, soutenu par cinq grands bailleurs mondiaux dont la Banque mondiale. La mairie ne pouvait pas supporter une telle charge.

Résultats : le projet a permis d’orienter les eaux et non de les subir. Il a servi à construire 70 km de tuyaux souterrains et à creuser 35 bassins géants pour la rétention des eaux et plusieurs autres routes de la ville ont été réaménagées. Ce qui a permis de changer complètement le visage de la ville aujourd’hui est de sauver plus de milliers de ses habitants.

Cet exemple montre à quel point la lutte efficace contre les inondations nécessite une synergie d’action et la volonté politique. La mise en place des commissions de circonstance ne suffira pas, sinon simplement pour gérer les crises post-inondations.

L’actuelle équipe de la mairie de la ville de N’Djaména est dynamique et innovante. Avec un peu d’appui, elle est capable de changer la facette de la capitale et redonner du sourire aux N’Djamenois.

Le gouvernement doit y penser et sérieusement.

La Rédaction

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