Moundou, chef-lieu de la province du Logone occidental, est considéré comme la capitale économique du Tchad. Ce statut de siège du portefeuille tchadien lui a été « accordé » du fait du nombre des industries que la ville compte et donc de la production de richesse.
Classiquement, toutes les grandes productions étaient concentrées à Moundou. Elle seule regorgeait l’industrie du coton et textile avec la Société cotonnière du Tchad et l’Huilerie-Savonnerie ; l’industrie brassicole et des boissons qui comprend les Brasseries du Tchad ; et celle liée à la transformation agroalimentaire, à savoir la Manufacture des cigarettes au Tchad (MCT). Ces industries, autrefois actives, avec une forte capacité de production, employaient des milliers de mains-d’œuvre. Elles ont maintenu la ville de Moundou comme le poumon industriel et économique du Tchad. Ce qui était légitime.
Cependant, ces dernières années, la ville de Moundou a perdu tout ce beau visage économique. Le tissu manufacturier fait face à des défis récurrents liés aux coûts de l’énergie, aux transports des marchandises et aux fluctuations des cours du coton. La plupart des industries sont, soit définitivement fermées, soit aux arrêts prolongés. C’est le cas par exemple de la MCT implantée depuis 1968 et qui produisait 600 à 700 millions de tiges par an. Cette grande maison est malheureusement ployée sous la pression fiscale et les importations et des litiges commerciaux. Malgré le projet de reprise et/ou de réouverture engagé par le gouvernement, l’usine demeure toujours fermée.
Il est aussi chose pareille avec la Société textile du Tchad (STT) qui produisait sensiblement entre 35 000 et 40 000 mètres de tissu par jour à plein régime. Elle aussi hors service depuis plusieurs années, bien que l’engrenage brut du coton se poursuive via la Coton Tchad SN. Les Brasseries du Tchad (BDT) sont, quant à elles, perturbées depuis 2020 avec la suspension de la production de la bière Gala, leur marque de référence.
Le gouvernement, s’il veut encore maintenir la capitale économique du Tchad à Moundou, doit investir et réactiver tous ces grands fleurons historiques. Car, aux côtés des contributions économiques, ils contribuent à lutter contre le chômage des jeunes.
Par Nathaniel MOUNONE

