« Il faut oublier la bourse » : le ministre Sitack Yombatina tranche sur la condition étudiante au Tchad

La migration des étudiants tchadiens est un phénomène inquiétant. Pendant plusieurs années, des milliers de jeunes Tchadiens empruntent les chemins des autres pays à la recherche des universités de qualité, à en croire les premières raisons souvent brandies. Mais en interne, beaucoup restent encore à faire.

La crise migratoire en milieu estudiantin a un peu connu un ralenti depuis plus de deux ans. Le ministère de l’Enseignement supérieur, sous le magistère de Dr. Tom Erdimi, démissionné en mars 2026 (les raisons officielles de sa démission ne sont jusque-là pas connues), avait entamé des réformes profondes dans ce milieu longtemps cancérisé par des caïmans prédateurs. Ces réformes ont concerné notamment la rigueur dans le respect du calendrier académique, qui a permis de tourner définitivement la page noire de l’élasticité des années académiques.

À ce panier, il faut également ajouter la pression qu’avait exercée Tom Erdimi sur le centre national des œuvres universitaires (CNOU) à l’effet de survenir, en tout cas, correctement aux besoins des étudiants tchadiens.

Continuité ou rupture ?

Interrogé par nos confrères de Tchad Info TV, le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr. Sitack Yombatina Béni, ex-vice-président Les Transformateurs, se veut rassurant quant à la capacité des infrastructures universitaires à pouvoir contenir tous les étudiants tchadiens sur place. « Il y a suffisamment de place », affirme-t-il sur un ton somme tout dubitatif.

Le ministre reconnait toutefois que la question des transports et de la restauration des étudiants constitue un gros caillou dans ses bottes. « Il y a des universités qui sont à 10 ou 15 km de la ville », reconnait-il. Pour lui, il faut renforcer la qualité de la restauration. Il affirme avoir constaté dans quelles conditions les étudiants sont nourris. Certainement très mal car nous évoquions dans notre précédente publication la confiscation du CNOU depuis plusieurs années par des profils plus forts que le ministre lui-même.

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La suppression des bourses des étudiants dans le but de les « injecter dans les œuvres universitaires » n’a été qu’une poudre aux yeux des étudiants bien enfarinés là-dessus.

Le ministre a balayé d’un revers de main la question de la restauration de ces bourses en faveur des étudiants. Pour lui, « l’argent c’est devant ». « Il faut terminer et partir », selon Sitack Béni. Selon lui, le nombre actuel des étudiants ne permet pas au gouvernement de leur octroyer des bourses. « Même si on fait venir dans la salle la Banque mondiale ou le FMI, personne n’assistera à cette réunion ».  « Il faut oublier la bourse », tranche le révérend Sitack, car la tendance actuelle n’est plus propice aux bourses, toujours selon lui.

Étudier au Tchad et non à l’étranger

Dr. Sitack conseille aux bacheliers tchadiens de préférer les universités nationales afin de « comprendre d’abord la culture de chez eux ». « La plupart des jeunes qu’on a envoyés dehors à bas âge (ndlr) se terminent souvent très mal », affirme le ministre.

Pour lui, les étudiants doivent en amont maitriser la tempérance endogène, l’endurance, et cultiver la résilience avant d’emprunter le chemin de l’extérieur. « Les jeunes gens aujourd’hui ne veulent pas faire des efforts », regrette le ministre en faisant allusion aux conditions difficiles d’études au Tchad.

Au Tchad, 59 162 candidats ont été déclarés admis au baccalauréat en 2026 par l’Office national des examens et concours du supérieur. Ce résultat marque un succès record en hausse constante par rapport aux éditions précédentes (46,21 % en 2025 et 41,83 % en 2024).

Par Nathaniel MOUNONE

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