Depuis sa mise en place en 2023, l’initiative 50 mille emplois des jeunes, logée au ministère de la Jeunesse et des Sports peine à constituer une solution à la problématique du chômage des jeunes. L’initiative en elle-même était bien pensée mais sa gestion est une catastrophe.
Interpellé par le Sénat ce 29 juin 2026, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Naïr Abakar est revenu sur ce projet du Président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. Le chef de département de la Jeunesse a reconnu le fiasco. « Dans la pratique et la mise en œuvre, il y’a eu des limites » affirme le ministre. Cette initiative qui a vu passer plusieurs coordinateurs à servi plutôt à créer un clivage entre les jeunes bénéficiaires et le gouvernement.
Plus de 700 projets ont été financés par l’État sans impacts réels sur la vie de leurs porteurs eux-mêmes encore moins sur celle de la jeunesse tchadienne en général. » Il y’a des jeunes à qui on a donné de l’argent mais malheureusement ils n’ont pas géré cet argent suivant l’objectif initial » affirme Naïr Abakar. Plusieurs initiatives de cette nature ont été testées au Tchad mais jamais sans grand succès. « On se retrouve à financer des projets des jeunes qui doivent eux aussi accompagner d’autres jeunes à leur tour mais malheureusement on a très peu de chiffres autour de l’emploi des jeunes » déplore-t-il.
Le ministre de la Jeunesse promet de redresser la pente. « Une grande réforme doit être engagée pour ce programme afin de financer que des projets mâtures, testés sur le terrain et qui ont eu des résultats « .
Il faut rappeler que plusieurs jeunes porteurs de projets et retenus dans le cadre de cette initiative n’ont même pas été contactés par la coordination qui a coupé systématiquement tous les canaux de communication avec ces derniers selon plusieurs témoignages. Jusqu’à ce jour, une opacité accrue gravite autour des critères de financement des projets retenus.
Au-delà des simples bonnes intentions affichées par le ministre de la Jeunesse et des Sports de reprendre le taureau par les cornes, doit s’ajouter l’audit même de la gestion de cette initiative chère au Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno. Les différents coordinateurs de ce projet ambitieux à visée sociale et économique, doivent justifier chiffre après chiffre leur gestion et en rendre compte à qui de droit. C’est seulement par ce procédé que Naïr Abakar pourra décider d’avancer ou non dans cette aventure dont les pistes ont été bousillées par ces prédateurs, ennemis de la jeunesse tchadienne sur le dos de qui ils se sont fait la fortune.
Par Nathaniel MOUNONE

