La situation des morgues à N’Djamena, capitale du pays de Toumaï, devient de plus en plus préoccupante. Conçues pour accueillir un nombre limité de dépouilles, plusieurs structures sanitaires se retrouvent aujourd’hui débordées, avec des corps conservés dans des conditions difficiles, notamment en raison du manque d’entretien. Dans plusieurs hôpitaux de la capitale, le constat est alarmant.
Un tour dans quelques établissements de santé révèle que la capacité d’accueil des morgues est largement dépassée ces derniers jours. Certaines familles peinent à trouver une place pour conserver les corps de leurs proches. « C’est difficile de garder un corps à la maison pendant deux à trois jours, on se croirait au fond du village », témoigne Barka Jacob, habitant du 9ᵉ arrondissement. La détresse est palpable.
D’autres dénoncent également les difficultés à récupérer rapidement les dépouilles, ou à les retrouver dans des conditions dignes. « C’est très douloureux de voir un parent dans un tel état », confie un proche endeuillé. Dans certains cas, des familles sont contraintes de transférer les corps vers le Cameroun pour bénéficier de meilleures conditions de conservation et organiser les funérailles.
Le mois dernier, le directeur général du centre hospitalo-universitaire de référence nationale (CHU-RN) a publié un communiqué appelant les familles à retirer les corps sans délai, afin de permettre aux techniciens d’effectuer les réparations nécessaires. Mais sur le terrain, aucune amélioration notable n’a été constatée, et aucune mesure concrète ne semble encore engagée pour résoudre durablement la situation.
Cependant, plusieurs facteurs expliquent cette crise. La croissance démographique rapide de la ville en est l’un des principaux, à laquelle s’ajoute l’insuffisance des infrastructures dans les établissements sanitaires. La lenteur administrative dans la délivrance des autorisations d’inhumation aggrave également la situation.
Toutefois, cette saturation des morgues soulève non seulement des enjeux de santé publique, mais aussi des questions liées à la dignité humaine. Des mesures urgentes s’imposent afin de renforcer les capacités d’accueil et garantir des conditions de conservation respectueuses des défunts.

