N’Djaména : la Fête de la Musique 2026 prise entre deux feux

Le 21 juin, la musique sera célébrée au Tchad. Le ministère du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat fait des pieds et des mains pour organiser cette fête à N’Djaména avec plusieurs activités à la clé.

Dans un communiqué publié le 11 juin, le ministère a invité les « artistes souhaitant se produire lors de la célébration officielle » à déposer leurs dossiers composés de beaucoup de critères selon les catégories. Plus loin encore, la participation à la journée de réflexion prévue le 16 juin 2026 « constitue une condition obligatoire pour figurer sur la liste définitive des artistes retenus pour les prestations de la Fête de la Musique 2026. » peut-on lire dans le communiqué.

Ces critères sèment la confusion dans la liberté de création et de valorisation des œuvres de création. Dans une publication faite sur sa page Facebook, le sénateur Abderaman Koulamallah, « la Fête de la Musique repose sur des principes simples : la gratuité, la spontanéité, la diversité culturelle et l’occupation festive des rues, places et espaces publics. » Il n’y a donc pas raison que cette cérémonie marginalise certaines couches du secteur musical car « elle n’a jamais été conçue comme une manifestation réservée à une catégorie d’artistes sélectionnés sur dossier ou soumise à des critères administratifs restrictifs », recadre le sénateur.

Abderaman Koulamallah dénonce vigoureusement cette exclusion qui porte une atteinte à la liberté de la culture et de création. « La musique appartient à tous. Elle ne se limite pas aux artistes disposant de moyens de production, d’outils de communication ou d’un parcours professionnel structuré. » poursuit-il.

Il propose la valorisation de tous les talents émergents, artistes traditionnels, groupes de quartiers, chorales, percussionnistes et danseurs populaires qui, selon lui, « contribuent à la richesse culturelle du Tchad ». Il soutient que cette fête doit être l’occasion d’encourager cette diversité en invitant les citoyens à investir pacifiquement les rues, les places publiques, les marchés, les établissements scolaires, les centres culturels et tous les espaces de rencontre.

« C’est dans cette ouverture et cette liberté que réside son véritable esprit. » tranche le sénateur.

Par DJIBRINE Lawane

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