Gestion du parc de Zah-Soo : Abdelmanane Katab et Keumaye Ignegongba au bord de l’affrontement

La suspension de la convention locale encadrant le bétail dans le parc national de Zah-Soo divise le délégué général du gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi Ouest et le président du Conseil provincial. Le général Abdelmanane Katab et le Dr Keumaye Ignegongba ne parlent pas le même langage. Le premier suspend la convention et le second lui fait la leçon de droit. La guerre froide ne fait que commencer et la désescalade ne semble pas être pour demain.

Dans un communiqué signé le 27 octobre 2026, le président du Conseil provincial a haussé le ton. Il réaffirme avec vigueur la stricte interdiction du pâturage dans cette aire protégée. Si le Dr Keumaye Ignegongba dit prendre acte de l’arrêté signé le 9 octobre dernier par le délégué général du gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi ouest, il dénonce le caractère unilatéral de cette décision et surtout le flou juridique qui la meuble.

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Le Conseil provincial réclame ainsi des éclaircissements clairs sur les motifs et les modalités juridiques ayant conduit Abdelmanane Katab à suspendre cette convention. Il plaide pour son « examen contradictoire » afin de garantir la transparence de la gestion. La décision administrative de suspendre la convention locale « ne saurait avoir pour effet d’autoriser le pâturage dans le parc ni de faire obstacle à l’application des dispositions légales relatives à sa protection », prévient le Dr Keumaye Ignegongba.

Pour faire toute la lumière sur cette affaire qui suscite autant de doutes, le Conseil provincial demande une clarification rapide des conditions d’application de l’arrêté ministériel/départemental (lois organiques relatives à la décentralisation nᵒ 014/CNT/2024 et nᵒ 028/CNT/2024). Pour le Dr Keumaye Ignegongba, la restauration des écosystèmes, la prévention des conflits d’usage et l’amélioration des retombées socio-économiques doivent se faire de manière inclusive.  Il est nécessaire de collaborer avec l’ensemble des parties prenantes — administrations, autorités traditionnelles, éleveurs et riverains — dans un esprit de responsabilité et de respect du droit.

« La protection du patrimoine naturel du Mayo-Kebbi Ouest, le respect de la loi et les intérêts légitimes des populations doivent demeurer indissociables », conclut le Dr Keumaye Ignegongba.

Réunion du 28 octobre : la concertation sans les chefs traditionnels

Hier 28 octobre, le délégué général du gouvernement auprès de la province a tenu une réunion pour réviser cette polémique convention locale du Complexe d’aires protégées de Binder-Léré (CAPBL) de Zah Soo.

Aucun chef traditionnel et d’autres autorités administratives des zones concernées n’a pris part à cette rencontre. « Nous avons appris la suspension à travers les éleveurs. Nous ne voyons pas l’utilité de nous convoquer à une réunion pour discuter de ce qui a été décidé sans nous », nous confie un administrateur.

Un comité technique spécialisé a été mis en place afin d’évaluer les anciennes règles et de rédiger une version actualisée du texte, selon le service de communication de la délégation générale du gouvernement. Les experts devront présenter leurs conclusions et le projet de convention révisé le mardi 3 novembre 2026.

Affaire à suivre…

Par Nathaniel MOUNONE

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