C’est dans une atmosphère de solennité et de ferveur politique que Romuald Wadagni a officiellement prêté serment ce dimanche 24 mai 2026 au Palais des Congrès de Cotonou. Élu en avril dernier avec plus de 94 % des voix, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances succède ainsi à son mentor Patrice Talon, ouvrant une page inédite de l’histoire politique béninoise avec un mandat de sept ans.
Devant un parterre impressionnant de plus de 6 000 invités, la cérémonie a été marquée par de forts symboles de réconciliation nationale, mais aussi et surtout par un signal diplomatique régional majeur.
L’image forte de cette matinée reste la présence côte à côte des figures majeures de la vie politique nationale. Les anciens présidents Nicéphore Soglo et Thomas Yayi Boni ont assisté au rituel républicain, témoignant d’un climat de décrispation politique attendu. Outre le gotha politique et économique sous-régional — à l’instar d’une forte délégation nigériane menée par le Vice-président Kashim Shettima et l’homme d’affaires Aliko Dangote —, l’événement a réuni chefs traditionnels, diplomates et figures de la société civile.
C’est le fait diplomatique majeur de cette investiture. Alors qu’aucun chef d’État en exercice n’était convié, conformément à la tradition des investitures béninoises, les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont envoyé des délégations de très haut niveau, un signe de début de dégel après des mois de tensions frontalières et diplomatiques.
Cette présence hautement stratégique marque un tournant pour la sous-région et pose les jalons d’un dialogue renouvelé.
Conscient des immenses chantiers qui l’attendent, le président Romuald Wadagni a prononcé une allocution axée sur le pragmatisme économique et la fermeté sécuritaire.
« Une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations. »
Par cette formule, le nouveau chef de l’État s’engage à ce que les performances macroéconomiques du Bénin se traduisent directement par l’amélioration du panier de la ménagère et des services sociaux de base. S’adressant directement à la jeunesse, il a martelé : « Le Bénin croit en vous et il vous donnera les chances de réussir chez vous, par votre travail. »
L’autre pilier majeur de son intervention a été la sécurité, face à la menace terroriste qui pèse sur le Nord du pays. Romuald Wadagni a profité de la présence de ses hôtes sahéliens pour lancer une main tendue résolue vers la coopération régionale :
« La sécurité de nos États est indivisible. Ce qui menace l’un de nous menace tous. C’est ensemble, dans la concertation et la solidarité, que nous pourrons endiguer cette menace. »En réaffirmant que « le Bénin ne cédera ni à la peur ni au relâchement », le nouveau président se positionne à la fois en garant de la souveraineté nationale et en artisan de la cohésion ouest-africaine. Le Bénin entre désormais dans une période de stabilité électorale de plus de six ans, laissant au nouveau gouvernement de 24 ministres formé dans la foulée le plein espace pour mettre en œuvre ces réformes.
Par Nathaniel MOUNONE

